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Dilma Rousseff réélue de justesse à la tête du Brésil

La présidente sortante de gauche Dilma Rousseff, 66 ans, a été réélue dimanche pour quatre ans à la tête du Brésil et a aussitôt promis d’engager une réforme politique et de lutter contre la corruption.

A l’issue de l’une des élections les plus serrées qu’ait connu le Brésil ces dernières années, la candidate de gauche s’est imposée avec 51,6% des voix contre 48,4% pour le sénateur centriste Aecio Neves.

Le résultat montre un pays coupé en deux, le Sud, plus riche, ayant majoritairement voté en faveur du virage libéral promis par Aecio Neves tandis que le Nord et le Nord-Est, plus défavorisés, lui ont préféré la continuité dans la mise en oeuvre de programmes sociaux incarnée par la candidate du Parti des travailleurs (PT).

« J’appelle tous les Brésiliens, sans exception, à s’unir pour l’avenir du Brésil », a déclaré Dilma Rousseff devant une foule de partisans réunis dans un hôtel de Brasilia, capitale du plus grand pays d’Amérique latine.

« Je veux être une bien meilleure présidente que celle que j’ai été jusqu’à présent », a-t-elle dit, la voix cassée après plusieurs semaines de campagne.

Elle a érigé en priorité de son second mandat une réforme politique et appelé au dialogue, notamment avec le Congrès.

Dans son discours teinté d’apaisement, Dilma Rousseff s’est engagée à combattre la corruption, thème phare d’une campagne virulente, et à mettre un terme à l’impunité en durcissant la législation.

De son côté, son adversaire malheureux a concédé la défaite. « Notre plus grande priorité doit être de rassembler le Brésil », a-t-il dit, ajoutant qu’il avait appelé Dilma Rousseff.

REGAGNER LA CONFIANCE DES MARCHÉS

Le PT, au pouvoir depuis 12 ans, a mis en oeuvre des programmes de redistribution sociale qui ont contribué à sortir plus de 40 millions de Brésiliens de la pauvreté et le chômage est tombé à des plus bas record.

L’arrivée au pouvoir de Dilma Rousseff, qui avait succédé en 2011 à Luiz Inacio Lula da Silva, a coïncidé avec un ralentissement de l’économie brésilienne, qui est même entrée en récession au premier semestre de cette année.

Plusieurs scandales de corruption, une inflation élevée et la frustration provoquée par des services publics médiocres ont également terni l’image de Dilma Rousseff et ont poussé une partie des électeurs à être sensibles au discours libéral d’Aecio Neves.

Dans son discours de la victoire, Dilma Rousseff n’a pas donné d’indications claires sur ce qu’elle comptait mettre en oeuvre pour regagner la confiance des marchés et relancer une économie en panne.

Elle a réaffirmé dimanche soir son engagement en faveur de la discipline budgétaire et à contenir l’inflation.

Les investisseurs brésiliens lui reprochent notamment les interventions répétées de l’Etat dans le secteur privé et des décisions parfois contraires aux intérêts des actionnaires minoritaires dans les groupes publics.

Les marchés financiers brésiliens ont chuté la semaine dernière en réaction à des sondages très favorables à la présidente sortante. Ils pourraient à nouveau dégringoler lundi.

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