1. Skip to Menu
  2. Skip to Content
  3. Skip to Footer>
Carthage : Patrimoine en péril à la cité Mohamedi Ali PDF Imprimer Envoyer

-01042011cotedivoire«Il faut détruire Carthage» avait déclaré l'empereur romain Jules Cesar en -146 avjc. L'histoire est-elle entrain de se répéter avec l'angoisse d'une nouvelle invasion de la cité carthaginoise menacée aujourd'hui non par un ennemi extérieur mais ses propres habitants qui se sont lancés dans une course effrénée au béton, érigeant leurs maisons sur des sites archéologiques.

Carthage est une civilisation profonde qui mérite le respect. Pourtant, malgré l'immensité de ses symboles, la ville de la reine Didon et d'Hannibal se voit infliger l'oubli et le mépris par certains de ces habitants.

La cité Mohamed Ali de Carthage illustre cette destinée imméritée qui voudrait enterrer une partie de l'histoire du pays oubliant que même ces ennemis ont fini par  reconstruite Carthage reconnaissant que sa résistance n'avait d'égal que sa grâce.

Il s'agit en fait de l'exploitation à des fins d'habitation de sites archéologiques. Sous d'autres cieux, c'est un sacrilège.

Le problème se situe au niveau de la zone située à l'entrée ouest de Carthage, plus connue sous le nom «cité Mohamed Ali» qui comprend deux zones protégées, une  forestière et une autre archéologique qui ne peuvent être légalement destinées à l'urbanisation ou à l'exploitation commerciale. Pourtant beaucoup ont acheté des titres fonciers de façon illégale !

Construire sur des sites archéologiques est une atteinte à  leur histoire et leur historicité. C'est pourquoi des  habitants de Carthage se sont révoltés contre l'inaction  de l'Etat, qualifiant l'autorité publique de laxiste à  l'égard des contrevenants.

Slah Medalla, président de l'association des habitants de  Carthage résume bien la situation en précisant que des  zones archéologiques de 48 hectares et 9 hectares de  forêts sont menacés de disparition à très court terme par  l'urbanisation galopante parce que des courtiers sans  scrupules ont vendus des fonds de commerce pour usage  autre que l'habitation.

Par inconscience ou indifférence, les acquéreurs mettent  en avant le droit au logement au détriment du droit du  patrimoine.

Habiba Guizani, 37 ans, propriétaire d'un titre foncier, a indiqué qu'elle avait acheté un lot de 350

mètres carrés pour un coot de 7 mille dinars, par  l'intermédiaire d'un courtier. Elle a ajouté qu'au départ,  elle n'avait pas vraiment cru, mais une amie lui a montré  que l'opération est sans risque de tromperie et que  l'achat d'un lot de terrain dans cette zone est un acquis  très important.

De son côté, Mabrouka Dhif ajoute, dans le même sens, qu'à  cause des coots élevés des loyers, elle s'est laissée  facilement convaincre par une proposition d'achat de  terrain à bon prix.

 

En outre, de nombreux habitants originaires de la cité  Mohamed Ali se plaignent et considèrent qu'il y a des  violations de la loi et une atteinte aux fondements de  l'aménagement du territoire.

 

A ce propos, Faouzi Tahri affirme que ces logements anarchiques, dans une zone forestière et archéologique  risquent fort de créer des impacts négatifs. Il a ajouté  que l'Etat et les autorités régionale «assument une grande  partie de la responsabilité dans les dépassements survenus  dans l'exploitation de terres à caractère archéologique.  Il a appelé à une intervention sérieuse et vigoureuse de  la police municipale, pour éliminer ce genre de  constructions.

Pour de plus amples informations autour de cette question et afin de connaître le point de vue des autorités concernées par ce phénomène qui ne cesse de se  répandre, l'agence TAP a rencontré le vice-président de la  municipalité de Carthage, Zied El Heni.

Pour ce qui est du cadre juridique régissant les sites  archéologiques, M. Zied El Heni a rappelé que le droit  tunisien interdit expressément aux citoyens de construire  des habitations dans cette région, à travers l'institution  de servitudes d'urbanisme, véritables limites à l'exercice  du droit de propriété privée.

Conscients qu'ils sont les acquéreurs de terrains par nature incessibles et intransmissibles, les propriétaires  de ces terrains se laissent livrer à l'escroquerie et aux  manœuvres frauduleuses des courtiers peu soucieux des  considérations culturelles.

La beauté du lieu et le charme des sites ne doivent nullement occulter la nécessité impérieuse pour l'Etat d'identifier des solutions idoines permettant aux citoyens  de se doter de logements décents à proximité de ces lieux,  a-t-il préconisé.

L'absence d'une "conscience archéologique" chez les citoyens est due essentiellement à l'échec des politiques  publiques en matière d'enseignement qui n'ont pas accordé  à l'étude de la Cité de Carthage, toute l'attention  requise.

Face au phénomène de l'expansion urbaine illégale, et au  "statu quo social" irréversible qui en découle, les  décideurs publics sont appelés plus que jamais à identifier les mécanismes appropriés afin de protéger ces  sites et relancer leur dimension économique, dans le cadre  d'une action concertée avec l'Unesco, principal organisme  onusien dans le domaine.

Les composantes de la société civile auront également une  grande part de responsabilité en matière de préservation  du patrimoine archéologique de la région, à travers des  campagnes de sensibilisation auprès des citoyens et mettre  fin au phénomène de la construction anarchique, privé de  réseaux d'évacuation sanitaire et d'infrastructure de base  nécessaires.

Nul ne peut nier les efforts déployés par la municipalité de Carthage en vue de délivrer ce patrimoine

archéologique de la ruine et de la perdition, a-t-il  affirmé, précisant que la modicité des ressources  financières dont dispose cette municipalité commande  impérativement de trouver des moyens de financement  adéquats pour accroître ses revenus et partant faire face  aux exigences de la gestion locale.(TAP)

 

 

Nos fréquences FM

RTCIIII

Dédicaces

Sondage

Êtes-vous « Pour » ou « Contre » la tenue du congrès d'Ansar al-Charia à Kairouen ?

(344 votes)

58.4%
41.6%
Loading...