Nizar Chakroun remporte le Prix Néjib Mahfoudh du roman arabe au Caire

L’écrivain et universitaire tunisien Nizar Chakroun a été sacré lauréat du Prix Néjib Mahfoudh du roman arabe, distinction attribuée pour la première fois à l’occasion de la 57e Foire internationale du livre du Caire, qui s’est tenue du 21 janvier au 3 février. L’annonce a été faite mardi, lors de la cérémonie de clôture de la manifestation.
Créé cette année afin de mettre en valeur la création romanesque arabe contemporaine, ce nouveau prix porte le nom de Néjib Mahfoudh, figure emblématique de la littérature arabe moderne et premier écrivain arabophone à recevoir le prix Nobel de littérature en 1988. L’édition actuelle de la foire lui rendait d’ailleurs un hommage particulier, en reconnaissance de l’empreinte durable de son œuvre.
Le roman primé, intitulé Days of the Murdered Fatimid (Les Jours du Fatimide mis à mort), a séduit le jury par ce qu’il a qualifié d’« aventure esthétique audacieuse ». L’ouvrage explore les fractures de l’identité et la profondeur de la mémoire historique à travers une narration complexe, entremêlant passé, présent et projections futures dans le contexte de l’espace arabe contemporain.
Publié en 2025 par Dar Safsafa pour l’édition, en partenariat avec Dar Miskiliani, le roman s’inscrit à la frontière entre histoire et fiction. À partir d’un épisode inspiré de l’époque fatimide, l’auteur construit une intrigue qui interroge les notions de justice, de pouvoir et de légitimité du jugement, tout en faisant écho à des questionnements contemporains liés à la violence et à l’autorité.
L’œuvre avait déjà retenu l’attention de la critique en figurant sur la liste longue du Prix international de la fiction arabe (IPAF) 2026. Cette sélection, dévoilée en décembre 2025, comprenait seize romans choisis parmi 137 titres provenant de dix pays arabes, sous la présidence du critique tunisien Mohamed Elkadhi. Les œuvres sélectionnées abordaient des thématiques variées, allant de l’histoire ancienne aux visions dystopiques, autour de l’identité, de la mémoire et des transformations sociales.
Né en 1970, Nizar Chakroun est l’auteur de plus de vingt ouvrages couvrant la poésie, le roman, la critique artistique et la traduction. Il a été distingué à plusieurs reprises, notamment par le Prix national de la poésie en Tunisie et le Prix arabe de la critique plastique décerné par le gouvernement de Sharjah. Parmi ses œuvres les plus marquantes figurent Bent Sidi Raïs (2011), La cloche et le minaret (2018), Le sang du taureau (2019) et Zoul Allah (2022), ce dernier ayant remporté en 2023 le Prix Béchir Khraïef du meilleur roman tunisien lors de la 37e Foire internationale du livre de Tunis.




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